"fin de partie" de samuel beckett


Une excellente Fin de partie, qu’aurait adoubée Beckett puisque renouant avec l’esprit de la première de Roger Blin, montée en 1957 à Paris et que l’auteur avait aimée. Autrement dit en insufflant vitalité et rythme au texte qui, s’il est fort, puissant, étincelant, exige qu’on le module à l’infini. C’est ce à quoi se donnent sans compter Paul Dussel (Hamm) et Stéphane Saouma (Clov), sur qui repose en grande partie la pièce, mais également Gilbert Peyre (Nagg) et Maryse Duarte (Nell). Autant dire une réussite, sachant que cette pièce, plutôt statique, demande des trésors de nuances, de brio et de talent pour ne pas vite retomber… L’intrigue, comme on le dit par convention, est toujours très infime chez Beckett, pour ne pas dire inexistante. C’est l’histoire d’une journée que partagent Hamm, aveugle paraplégique, maître des lieux, et Clov, son valet. Les deux parents de Hamm, relégués dans leur coin (chacun dans une poubelle), se signalent parfois en demandant pitance ou menues attentions. Un comique récurrent naît de cette improbable situation, drolatique et tragique, et de la relation entre le tyrannique Hamm et ses deux ascendants. Gilbert Peyre (Nagg) geint, grimace à merveille ; Maryse Duarte, le visage clownesque, s’étonne et soliloque pour notre grand plaisir. Mais le cœur de la pièce réside, comme on l’a dit, dans la relation entre l’imprévisible Hamm et le fidèle Clov. Un rapport difficile, truffé de remontrances, de rebuffades, d’agacements, d’apartés assassines, de ressassements infinis et parfois même de brève complicité. Une relation de dépendance, qui rappelle bien sûr le duo très classique maître- serviteur, mais que sous-tend nombre interrogations. Ainsi Clov se demande ce qu’il fait avec Hamm, coincé dans un dilemme beckettien : doit-il le quitter ou le tuer ? Hamm, très égocentrique, a besoin d’une sempiternelle écoute. On ne sait si Clov partira, même s’il porte à la fin de la pièce une valise à la main. Dois-je dire que le discours en boucle de Hamm est magistralement interprété par Paul Dussel et que la virtuose présence en scène de Stéphane Saouma époustoufle ? Dois-je préciser qu’on rit beaucoup, ce qui n’est pas gagner avec Beckett, même si le texte nous dit et nous serine combien peuvent être monotones les journées des protagonistes ?

Salle des fêtes 20h30


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